23.11.2006
Parfois...
Il est des moments particuliers, de ceux que la vie vous offre au détour d'une journée.
En l'occurence, c'était une matinée.
Je participais à une séance de nettoyage de printemps en automne. Tu me diras, il n'y a pas saison pour les braves.
Oui, mais les braves étaient très peu nombreux, et la cave complètement envahie.
Nous allions y passer la journée! Que dis-je la semaine, à trier tous ces bouquins, ces vieilleries, ces choses oubliées depuis des décennies.
Et puis, non content d'être peu nombreux, la municipalité dans sa grande bonté d'âme avait mis à disposition une benne pour débarrasser l'ensemble, mais ô surprise à presque 1km de l'endroit!!! Je te jure, nous avons dû tout transporter à bras alors qu'il eût été si simple... Mais bon, passons.
Devant l'énergie dévastatrice et sanguinaire de mes congénères, j'avais dû déployer quelques talents pour les convaincre de ne pas passer tous ces trésors de vie endormis dans un recyclage bien-pensant.
Finalement, après discussion, il fut convenu que nous jetterions un oeil bienveillant sur ces ouvrages d'un autre âge afin d'en conserver un exemplaire de chacun et de jeter les autres (Tu suis ?).
Je ne suis pas du tout sûr d'avoir été écouté, mais il y a eu quelques ouvrages sauvegardés!
Je crois bien avoir reconnu ma méthode d'apprentissage de la lecture avec le chien Tobi. Tobi, un drôle de nom pour un chien, t'en connais toi, des chiens qui s'appellent Tobi, moi pas, j'en ai jamais rencontrés, sauf dans ce manuel.
En passant, le ministre ferait bien de jeter un oeil sur les méthodes de lecture, j'en ai parcourues sans mentir, plus de 10, toutes inféodées au dictat de l'industrie du livre complaisamment servie par tous les ministres de l'éducation qui se succèdent avec chacun une nouvelle méthode... Qu'il faudra imprimer dans un nouveau manuel. Bref, de méthode globale, point de traces, je ne sais pas où le ministre a pu en rencontrer, la lecture s'enseigne grâce à des "instits" dévoués, pardon, des "professeurs des écoles", et franchement, en déplaçant tous ces ouvrages désuets, la querelle du ministre me laisse perplexe.
Et puis, à parcourir des cahiers d'antan et quelques perles de mots de parents dans des registres vieillots, je n'ai pas vraiment l'impression que nos chérubins d'aujourd'hui soient d'un niveau moindre, bien au contraire.

Malicieusement, dans ce travail d'autodafé, je me proposais souvent pour jouer les gros bras, ce qui me permettait de jeter un deuxième regard pour épargner quelques livres promis à un recyclage salvateur.
Et là, comme un clin d'oeil, un numéro hésitant, d'une écriture enfantine, 452 . Un morceau de bonheur dans un sourire.
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05.07.2006
Le Lirou grignoteur de souvenirs bleus
C'était un dimanche matin du mois de Juin, il faisait déjà chaud.
Dans la maison natale, je vais exhumer quelques souvenirs secrets abrités sagement dans une boite en carton, genre carton de déménagement, étiquetée à mon prénom. Je prends le carton aussitôt, et presque fébrilement, je défais la bande adhésive qui offre peu de résistance, et j'ouvre les volets de la boîte en carton dans un nuage de poussière!!!
L'oeil avide, je jette un oeil (vi, ben comment tu veux dire!), je jette un oeil et je me recule tout aussitôt, médusé! Un animal squatte mon carton, douillettement installé dans un nid de confetis produits sur place. C'est un loir ou un lérot! Finalement, aussi surpris que moi, passé la phase d'éblouissement du jour ensoleillé, il ne demande pas son reste et file hors de ma boite!
La première chose que je vois, c'est mon carnet de tables logarithmiques jaune, un souvenir de seconde rendu complètement inutile avec l'ère des calculatrices (Vi, je sais, t'as pas connu cette époque sans calculatrice avec règle à calcul et tables de logarithmes, moi à peine, puisque la même année la calculatrice était promue au rang d'outil pédagogique acceptable et que la règle à calcul et le carnet de tables n'auront servi que le temps d'un tp).
Tout d'abord je souris, je suis amusé, cet animal inoffensif, réputé gros dormeur, surtout l'hiver, squattant ma boite de souvenirs entassés confère à la situation un air cocasse.
Et puis je commence le travail d'archéologie, prenant un à un les reliques du festin du diable d'animal... Et peuchère, çà fait des années qu'il squatte l'hôtel abandonné le coquin. Ce n'est pas un nid de confetis, mais carrément une usine à confetis! Et çà ne me fait plus rire du tout. Il y a là, entassés, des milliers de souvenirs d'enfance et d'adolescence réunis qui, avant l'ouverture, faisait naître une excitation certaine à retrouver ces odeurs oubliées, et puis maintenant, une amertume non dissimulée!
Je dépose alentour du carton, sous un soleil éclatant les lambeaux que le gredin a bien voulu laisser. Ma petite boite à secret que j'avais recouverte d'un papier décoré (un décor qui me fait sourire, enfin, qui me fait sourire jaune quand je vois les dégâts que le lirou a occasionné!)
Vu les momies que j'ai retrouvées dans ce carton, cela doit faire plus de dix ans que mon carton a été colonisé...
J'étale, j'étale, je feuillette, et je suis abattu, dans un état d'hébétude inhabité, comme si celui qui regardait l'état du désastre n'était pas moi. Je ne réalise pas vraiment, je viens de perdre des milliers de souvenirs en quelques secondes, passant d'un état d'HyperNeuroMemoTruc à celui d'abattement sans motif.
Je suis là sans être là, seul le soleil qui monte me rappelle que la vie continue et mon cerveau fait des confetis, d'où l'expression bien connue, broyer du papier.
Je suis resté vide jusqu'au soir.
22:45 Publié dans Humeur d'autrefois | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.11.2005
Baderelle
Dimanche dernier, en balade dans un lieu très proche mais encore inexploré.
Et là au détour de l'étang, un chemin, plutôt un sentier, curieux, je m'y engage et là, de l'autre côté de la palissade très ordonnée, rangée, en piquet de châtaignier et ronce artificielle (vi, du barbelé), à deux pas, quelques lépiotes.
J'en crois pas mes yeux, je ne suis pas un mycologue averti, et je connais très très peu de champignons, en fait, je dois connaitre les rosées et ... les lépiotes.
Je me souviens très bien de mon grand-père revenant dans le chemin du bas, avec d'une main son bâton de marche de l'autre, en bouquet, 4 à 5 champignons géants, et il m'avait fait:
"regarde, on va se régaler ce soir, ce sont des baderelles".
"Ah! bon, tu les a cueilli où?"
"Ah! Çà ! Je te dis pas, les coins de champignon, çà se garde secret".
En fait de secret, il n'y avait que les mots car je l'avais bien vu venir du coin du champdelair, près de la haie ;).
Le soir, il avait fait revenir la baderelle dans une poêle avec du beurre, du vrai steak disait-il!
Voilà pourquoi, ce dimanche, à peine dix ans dans la tête, je me suis glissé prestement sous le barbelé, pour cueillir quelques lépiotes...
Hep! Je vous dirais pas c'était où, les champignons c'est secrets :P
Mais ce que je peux vous dire c'est que les baderelles c'est le vrai nom des lépiotes!!!
En rentrant, il a fallu convaincre la tribu que les champignons étaient tout ce qu'il y a de plus comestibles, voire goûteux...
Las, malgré la démonstration via internet interposé, google et tout et tout, c'était pas gagné!
Alors, un dimanche, (tu ne vas pas me croire) je suis allé à la pharmacie, la pharmacienne servait un client (un patient, j'sais pas trop ce qui convient dans ce cas là), elle n'a pas pu faire autrement que de déverrouiller la porte du sas.
Quand vient mon tour, elle me fait, c'est pour les champignons, vous savez, un dimanche, c'est plutôt pour les cas d'urgence.
Je me suis pensé intérieurement, du haut de mes dix ans, mais c'est urgent, les champignons demain, ils seront fichus. Tu ne le sais peut-être pas, mais un champignon cueilli se mange le jour même, sinon il devient ramollo de partout, change de couleur, enfin, bref, devient carrément impropre à la consommation.
Et puis, si jamais tu les analyses pas mes champis et que demain nous faisons la "une" du journal, tu verras si c'est pas une "urgence".
Des petites lépiotes a-t-elle diagnostiqué du haut des ses 27 automnes!!!
Pffffffffffff! elle ne connaît pas les baderelles, mais je suis trop petit pour lui expliquer.
Allez, vous pouvez tout manger et vous régaler!
Voilà, comment la tribu a dégusté avec circonspection les premières baderelles, poêlées au beurre...
PS: http://mycorance.free.fr çà peut t'aider si ta pharmacienne ne t'ouvre pas un dimanche...
11:50 Publié dans Délire à lire , Humeur de plume , Humeur d'autrefois | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



